Partager l'article ! Les mandalas: Tout procède du milieu Tout retourne au milieu Dans toute civilisation, t ...
Tout procède du milieu
Tout retourne au milieu
Dans toute civilisation, toute religion on trouve l’utilisation du mandala.
Il défini une surface consacrée, dans l’espace et le temps.
En tibétain, mandala se dit « Kyil-khol », ce qui veut dire à peu prés, « centre périphérie »
Ce caractère universel dériverait de la forme même de notre planète et de l’observation de la nature.
Dans ma pratique auprès des enfants déficients visuels ou adolescents ayant un retard intellectuel léger, j’ai utilisé les mandalas sous différentes formes : coloriage, création avec des formes géométriques, découpage……
Il peut être utilisé ponctuellement, au cours d’une prise en charge régulière, associé à des relaxation, contes ou travail corporel : yoga, massages danse, rythme……….
Par exemple, 2 enfants ont construits chacun un mandala avec des formes géométriques.
T, 8 ans, enfant inquiet et effacé, construit des « maisons », attache les morceaux.
B, 10 ans, qui a une relation fusionnelle avec sa maman, utilise uniquement des ronds qu’il entoure avec des demi-cercles. Il s’en dégage une sensation d’étouffement
Le choix des différents découpages et collages, révèle souvent comment l’enfant est au monde, ses aspirations, par exemple, A. qui a encore un sentiment de toute puissance, découpe un robot pour sauver le monde,....
Les résultats obtenus m’ont amené à m’interroger sur l’énergie de transformation que véhicule cet outil.
Dans l’inde antique, le mandala constitue une projection géographique du monde. Le pratiquant, en s’identifiant avec le centre du monde, par une profonde concentration peut retrouver l’unité de la conscience.
Dans le monde chrétien, des labyrinthes en forme de mandalas représentent les pèlerinages, donc un cheminement vers un but spirituel, ou vers soi même.
Jung, associa le mandala au SOI, le centre de la personnalité.
« le mandala faisait parti des archétype de l’inconscient. Il mis en relation l’idée du mandala perçu comme instrument thérapeutique avec le mandala utilisé comme technique rituelle de méditation » (G.INFUSINO)
Pour certains, cela a été l’outil essentiel. Il s’agit souvent de jeune très angoissés, n’ayant beaucoup de résistance à un lâcher prise.
J. jeune fille de 14 ans, qui a du mal à s’intégrer dans l’établissement, très attentive à son image, et qui a du mal à s’investir corporellement dans la relaxation.
Je lui propose un mandala à colorier, elle ne le finit pas et me le laisse, même pendant la période de vacances, comme un lien,
un peu d’elle qu’elle peut laisser sur place. Par la suite elle va l’afficher dans la salle.
Je lui propose de faire une frise de mandala. Elle s’investit à fond dans ce travail, colorie les mandalas qu’elle a choisi, la plus part avec un personnage central, puis cerne les contours.
Au fur et à mesure que le travail avance, elle parle de plus en plus, sourit et se dit contente. L’image d’elle-même, très négative, s’améliore « c’est beau, ça sera joli… » Et en même temps, elle peut investir un lieu.
Les séances suivantes, elle exprime, l’impossibilité de quitter la salle avant d’avoir fini ce qu’elle fait, elle est en train de faire le tour extérieur, ou de finir le mandala. Elle exprime le plaisir d’être là, l’envie de rester plus longtemps.
En même temps, son Mandala prend des couleurs sombres : gris, noir avec au centre des touches dorées. Il me semble, qu’elle se permet en même temps d’être plus à l’écoute d’elle-même, s’autorise à vivre ce qu’elle ressent.
Ce mandala a été aussi commencé par le tour, contrairement aux autres qu’elle coloriait avec des stylos fluos, en commençant par le centre.
Elle ne parle plus de le cerner de noir, mais trouve, au moment de partir, qu’il manque quelque chose mais ne sait pas quoi. Elle ne peut encore partir sans laisser un lien.
Au fur et à mesure que le travail avance, elle peut s’autoriser à parler de son histoire et ses origines.
Elle rencontre des jeunes du centre d’où elle arrivait et se rend compte du chemin parcouru. Exprime sa joie d’être là.
Mais le plus marquant est le sourire qui maintenant orne ses lèvres le plus souvent.




Elle finira la frise en créant elle-même un mandala avec son nom au centre
Il semble que travailler les contours lui a-t-il permis de solidifier son enveloppe, pour, avec un sentiment de protection,
pouvoir libérer les tensions internes, et permettre l’émergence de son Etre profond.
Le mandala peut être considéré comme le moteur de la transformation, il représente la voie qui mène au centre de soi.
Travailler sur des mandala peut aussi aider à faire émerger les émotions et à s’accepter.
Ainsi A. 10 Ans, au cours d’un travail pour l’aider à grandir, avec conte, relax et mandalas, Choisi dans les mandalas des animaux totem, le Dauphin (animal de la transformation)
Il justifie son choix par le fait qu’il aime cet animal car il le protège des requins.
Il colorie le centre, les dauphins lorsqu’il dessine le tour, il l’associe à une bague talisman : cage de protection contre les requins.
Il dit alors : « Si je pouvais rester petit toute ma vie, mais vieillir….. »Il arrête alors son dessin qu’il ne retouchera plus, le considérant terminé.
Après quelques séances de pose, il peut reprendre un travail et construit maintenant un mandala d’identité.

Le mandala est un outil de transformation et connaissance de soi, parmi d’autre, mais il me semble intéressant à utiliser avec des enfants. Ludique et créatif, il permet un travail symbolique, d’apaisement psychique qui aide à se recentrer.
Bernadette Grelier Platel
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